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Du
domaine royal au royaume de France (Xe -
XVIIIe siècle)
Commentaire sonore accompagnant l'animation de la carte à l'écran : A l'intérieur du nouveau royaume, les
traits du régime féodal s'affirment. Tout au long du
Xe siècle, le pouvoir local des barons se renforce, si bien
que lorsque Hugues Capet est élu roi, en 987, son autorité
ne s'exerce guère que sur son domaine propre, formé
de quelques territoires discontinus entre Orléans et Senlis. C'est à partir de ce petit domaine
que les Capétiens entreprennent l'oeuvre d'unification du royaume.
Pendant deux siècles, celle-ci est lente et incertaine. A la
mort de Louis VII, en 1180, le domaine royal s'étend du Vexin
au vicomté de Bourges, mais toute la moitié Ouest du
royaume est maintenant dans les mains des Plantagenêts, comtes
d'Anjou, qui viennent de s'imposer sur le trône d'Angleterre. Le règne de Philippe Auguste et la
lutte victorieuse qu'il mène contre les Plantagenêts
marque une étape décisive dans la formation de l'unité
française et ouvre une longue période de renforcement
du pouvoir royal. Cent cinquante ans plus tard, en 1328, lorsque Philippe
VI, le premier des Valois accède au trône, les possessions
en France des rois d'Angleterre sont réduites au sud du Poitou,
et à la Gascogne, tandis que le domaine royal qui s'est agrandi
également des comtés de Toulouse et de Champagne couvre
maintenant la moitié du royaume. A cette même époque, la frontière
orientale du royaume, héritée du partage de Verdun,
commence à être repoussée en Champagne et surtout
dans la vallée du Rhône avec les rattachements du Vivarais,
du Lyonnais, puis du Dauphiné en 1344. Mais le temps des crises vient de commencer.
Le long conflit de la guerre de cent ans, doublé de la guerre
civile entre Armagnacs et Bourguignons, menace d'emporter la couronne
de France. Pourtant, au cours de cette période
très noire, se développe en France un sentiment national.
Il est symbolisé par Jeanne d'Arc et conduit au rapprochement
entre le parti Bourguignon et Charles VII. La fin de la guerre civile
permet de chasser les Anglais du royaume, en 1453. Ceux-ci garderont
Calais pendant encore un siècle mais abandonnent, définitivement,
la Guyenne, qui est sous leur domination depuis trois cents ans. Louis XI, le fils de Charles VII vient, pour
sa part, à bout de la puissance bourguignone. A la mort de
Charles le Téméraire, en 1477, le roi de France s'empare
de la plus grande part de ses territoires. Mais, les Habsbourg revendiquent
également l'héritage bourguignon et celui-ci doit être
partagé. Le duché de Bourgogne est définitivement
rattaché à la Couronne ainsi que la Picardie tandis
que la Flandre, partie intégrante du royaume depuis le traité
de Verdun, échappe à la suzeraineté des souverains
français. Entre temps, au sud du royaume, Louis XI met
à profit la mort du roi René pour rattacher la Provence
en 1481. Au plan intérieur, le XVIe siècle
est marqué par le rattachement progressif des derniers grands
fiefs à la couronne. Cette politique de conquête a privilégiè,
jusqu'ici, la notion de passage ou de point d'appui pour les armées,
aboutissant à dessiner des frontières aux contours très
sinueux et à multiplier les enclaves. Au cours du règne
de Louis XIV, Vauban impose l'idée d'un territoire aux frontières
rectilignes, délimitant un « pré carré
», plus facile à fortifier et à défendre.
Au siècle suivant, en 1766, le rattachement
de la Lorraine finit de donner à la France sa forme hexagonale.
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